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La 35e édition du FAP est ouverte!

Cette édition portera sur les deux problématiques suivantes:

I. La course à l’intelligence artificielle : progrès pour l’Humanité ou danger pour l’avenir ?

Longtemps cantonnée aux récits de science-fiction, l’intelligence artificielle s’est imposée en quelques années dans notre quotidien. Des assistants conversationnels aux systèmes d’analyse de données, elle transforme notre manière de travailler, de communiquer et d’accéder à l’information. Dans le domaine médical, elle peut faciliter l’analyse des données et accélérer la recherche [1] ; dans les transports, elle améliore l’automatisation [2] ; dans les sciences et l’industrie, elle ouvre de nouvelles possibilités d’innovation [3]. L’IA apparaît ainsi comme une technologie susceptible de produire une véritable accélération du progrès humain.

Mais cette révolution technologique suscite des inquiétudes. L’IA pourrait transformer profondément le monde du travail en remettant en question une partie des emplois [4]. Elle peut donner l’illusion de maîtriser des connaissances que nous ne possédons pas réellement. Certaines recherches soulignent ainsi que l’utilisation de l’IA diminue la capacité de mémorisation et de maîtrise des sujets, tandis que l’abondance de contenus générés automatiquement peut augmenter la charge mentale plutôt que libérer du temps [5]. À force de déléguer certaines tâches à des machines, ne risquons-nous pas de gagner en efficacité tout en perdant une partie de notre autonomie, de notre esprit critique et de notre capacité à réfléchir par nous-mêmes ?

L’IA est également devenue un enjeu majeur de puissance et de souveraineté numérique. Les États-Unis, la Chine, l’Union européenne et d’autres puissances investissent massivement afin de disposer des réseaux de communication, des centres de données, des supercalculateurs et des talents nécessaires à son développement. Le secteur est d’ailleurs très gourmand en ressources (électricité, eau, métaux rares) [6]. Cette compétition comporte aussi une dimension militaire. L’IA peut être utilisée pour le renseignement, la surveillance ou encore le développement d’armes autonomes [7]. Mais jusqu’où peut-on déléguer à une machine des décisions qui peuvent avoir des conséquences humaines irréversibles ?

À ces dangers s’ajoutent ceux qui touchent directement nos sociétés. Les contenus générés par l’IA peuvent faciliter la désinformation et l’ingérence dans les processus électoraux [8]. Les algorithmes peuvent également influencer notre manière de penser, de nous informer et de percevoir le monde. Certains chercheurs alertent ainsi sur une possible érosion de notre liberté de jugement et sur une forme de dépendance à ces outils [9]. Comment profiter de ses capacités sans laisser la technologie déterminer progressivement nos comportements, nos choix et notre rapport au monde ?

Face à ces enjeux, la communauté internationale se trouve confrontée à un dilemme. Faut-il accélérer le développement de l’IA pour ne pas prendre de retard dans la compétition technologique, ou imposer des garde-fous afin de garantir la sécurité et la protection de l’être humain ? Une régulation internationale apparaît de plus en plus nécessaire, mais elle se heurte aux intérêts des États et des entreprises. Certains plaident pour des règles contraignantes et une instance internationale capable de contrôler les développements les plus dangereux ; d’autres craignent qu’une réglementation excessive ne freine l’innovation et la compétitivité [10].


[1] Sur le sujet : Elodie Lavigne, « IA : un outil puissant au service de la santé », HUG, 2022 [en ligne], URL : https://pulsations.hug.ch/article/ia-un-outil-puissant-au-service-de-la-sante#gsc.tab=0.

[2] Sur le sujet : Anne-Muriel Brouet, « Quand le véhicule autonome possédera l’intelligence sociale », EPFL, 2026 [en ligne], URL : https://actu.epfl.ch/news/quand-le-vehicule-autonome-possedera-l-intelligenc/.

[3] Sur le sujet : Matthew Finio et Amanda Downie, « Comment l’IA est-elle utilisée dans l’industrie manufacturière?», IBM [en ligne], URL : https://www.ibm.com/fr-fr/think/topics/ai-in-manufacturing.

[4] [s.n.], « En Suisse, l’intelligence artificielle impacte plus d’un emploi sur quatre », Le Temps, 16 juin 2026.

[5] Antoine Michel, « « Les entreprises déploient massivement l’IA, mais n’observent pas les gains de performance attendus », RTS, 2 juillet 2026 [en ligne], URL : https://www.rts.ch/info/sciences-tech/2026/article/l-ia-au-travail-pourquoi-les-gains-de-performance-decoivent-292923 76.html.

[6] « IA, la grande bataille », RTS Géopolitis, 2 mars 2025.

[7] Idem.

[8] Idem.

[9] « IA, chatbots, les nouveaux envahisseurs ? », RTS Géopolitis, 22 mars 2026.

[10] Pierrik Jordan, « « Le problème avec l’IA, c’est que les gens n’ont pas vu le champignon atomique ! » », RTS [en ligne], 15 juillet 2026, URL : https://www.rts.ch/info/sciences-tech/2026/article/regulation-de-l-ia-le-probleme-c-est-que-les-gens-n-ont-pas-vu-le-c hampignon-atomique-29302836.html.

II. Lutte contre le narcotrafic : coopération judiciaire ou recours à la force ?

Le commerce mondial de la drogue n’a jamais été aussi florissant. En 2023, quelque 316 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans ont consommé une substance illicite, soit 6 % de cette classe d’âge contre 5,2 % dix ans plus tôt. La production de cocaïne a atteint 3’708 tonnes, en hausse de près de 34 % en une année [1]. Ces volumes ne se traduisent pas seulement par une hausse du nombre de consommateurs, ils financent des groupes armés, achètent des fonctionnaires et parfois remplacent l’autorité publique dans certaines régions. L’Équateur, longtemps considéré comme un îlot de stabilité, a vu ses homicides exploser à mesure que les réseaux s’emparaient de ses ports. L’Europe n’est pas épargnée. L’essentiel de la cocaïne y entre en conteneurs par les grands ports maritimes, où le trafic nourrit également la corruption et la violence [2].

La communauté internationale n’a pourtant pas attendu pour réagir. Trois conventions successives classent les substances, en réservent l’usage à des fins médicales et engagent les États à réprimer le trafic et le blanchiment [3]. La Convention de Palerme a élargi ce dispositif en 2000 à l’ensemble du crime organisé, en détaillant les obligations d’entraide judiciaire et d’extradition [4]. Mais ce cadre se heurte à une limite qui n’a rien d’accidentel : la souveraineté.

Un magistrat ne peut en principe exercer directement ses pouvoirs sur le territoire d’un autre État et doit adresser une demande d’entraide que l’État sollicité peut rejeter. Certains refus sont légitimes, lorsque la peine de mort ou l’équité du procès sont en jeu, d’autres s’expliquent moins bien, quand les réseaux visés entretiennent des liens avec ceux-là mêmes qui devraient les poursuivre. Et lorsque la coopération fonctionne, elle avance lentement. Une commission rogatoire internationale peut prendre des mois, quand une cargaison peut être déplacée en quelques heures.

Le régime lui-même est aujourd’hui contesté. Plusieurs États ont légalisé ou réglementé le cannabis, créant des tensions avec les obligations découlant des conventions internationales, tandis que la Bolivie et la Colombie obtenaient un réexamen de la classification de la feuille de coca, finalement maintenue en décembre 2025 dans la catégorie la plus restrictive des conventions [5]. Les politiques antidrogue relèvent ainsi d’arbitrages politiques plus que de constats scientifiques, ce qu’a confirmé l’alternance colombienne de 2026, le nouveau président ayant rompu avec la ligne de son prédécesseur pour privilégier la réponse militaire [6].

Depuis 2025, les États-Unis frappent militairement des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue dans les Caraïbes et le Pacifique. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a jugé ces opérations dépourvues de fondement en droit international et réclamé des enquêtes indépendantes [7]. Washington invoque la légitime défense contre des cartels désignés comme organisations terroristes, qualification largement contestée par les spécialistes du droit international. L’escalade a débouché en janvier 2026 sur une intervention au Venezuela et sur la capture de son dirigeant Nicolás Maduro.

Deux logiques s’opposent donc. L’une mise sur la coopération judiciaire, au prix d’une lenteur que les trafiquants exploitent. L’autre privilégie l’action directe, plus rapide, mais susceptible d’affaiblir les règles protégeant tous les États et interroge l’interdiction du recours à la force inscrite dans la Charte [8]. Faut-il rendre l’entraide judiciaire contraignante, quitte à entamer la souveraineté ? Comment poursuivre des réseaux protégés par les autorités censées les combattre ? Les conventions de 1961, 1971 et 1988 sont-elles encore adaptées ? Et l’Assemblée générale dispose-t-elle des moyens de dégager une réponse commune à un phénomène qui prospère précisément sur les frontières et les limites de la coopération entre États ?


[1] ONUDC, Rapport mondial sur les drogues 2025, Vienne, juin 2025 [en ligne], URL : https://www.unodc.org/unodc/en/data-and-analysis/world-drug-report-2025.html.

[2] Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA), « Cocaïne : la situation actuelle en Europe », Rapport européen sur les drogues 2025, 5 juin 2025 [en ligne], URL : https://www.euda.europa.eu/publications/european-drug-report/2025/cocaine_fr.

[3] Convention unique sur les stupéfiants (1961), Convention sur les substances psychotropes (1971) et Convention contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes (1988).

[4] Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, Palerme, 2000, art. 16 et 18.

[5] GREA, « L’OMS rejette la déclassification de la feuille de coca », 8 décembre 2025 [en ligne], URL : https://grea.ch/.

[6] Pierrik Jordan, « Colombie : Abelardo de la Espriella, d’extrême droite, investi président », RTS, 7 août 2026 [en ligne], URL : https://www.rts.ch/info/monde/2026/article/colombie-abelardo-de-la-espriella-d-extreme-droite-investi-president-2932 2991.html.

[7] Déclaration du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, octobre 2025.

[8] Charte des Nations Unies, 1945 (article 2, al. 3 et 4).

Une fois que vous aurez été en mesure de cerner l’approche préconisée par l’État ou l’ONG que vous représentez, il s’agira de réfléchir aux modalités de sa mise en œuvre dans le cadre d’une enceinte comme l’Assemblée générale des Nations Unies.

Devrim Ay

&

Gilles Luisier

Coorganisateurs du FAP 26-27

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La 34e édition du FAP est ouverte !

Cette édition portera sur les deux problématiques suivantes.

I. Autodétermination des peuples ou intégrité des États ? Un équilibre instable au cœur des relations internationales

Depuis la création de l’Organisation des Nations Unies en 1945, deux principes fondamentaux structurent le droit international : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le respect de l’intégrité territoriale des États souverains. Tous deux visent à garantir la paix et la stabilité mondiale. Pourtant, ils entrent souvent en contradiction, notamment lorsqu’un groupe au sein d’un État réclame l’indépendance ou une autonomie renforcée.

Le droit à l’autodétermination est explicitement mentionné dans l’article 1 de la Charte de l’ONU et a été précisé par les deux Pactes internationaux de 1966. Il donne à tout peuple la possibilité de choisir librement son statut politique et d’organiser son développement économique, social et culturel. Ce droit a servi de fondement juridique aux grands mouvements de décolonisation du XXe siècle, permettant à de nombreuses anciennes colonies d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine d’accéder à l’indépendance.

En parallèle, l’ONU affirme également le principe de l’intégrité territoriale des États, c’est-à-dire le respect de leurs frontières existantes. Ce principe vise à éviter les conflits internes et les guerres de sécession, en garantissant la stabilité des entités étatiques reconnues par la communauté internationale.

Le problème se pose lorsque ces deux principes s’affrontent : que faire lorsqu’un groupe, une minorité nationale ou une région souhaite s’émanciper d’un État central, au nom de son identité culturelle, linguistique ou historique ? Faut-il privilégier la volonté du peuple concerné, ou la souveraineté de l’État existant ? Cette question se pose avec acuité dans plusieurs situations actuelles.

Le cas du Kosovo, par exemple, illustre bien cette tension. En 2008, cette ancienne province serbe à majorité albanaise a déclaré son indépendance unilatéralement. Une centaine d’États l’ont reconnue, mais d’autres s’y opposent, notamment la Serbie, la Russie, la Chine ou l’Espagne. Cette division reflète la crainte qu’une reconnaissance trop large de ce type de sécession ne crée un précédent pour d’autres territoires. L’Écosse, en 2014, a organisé un référendum d’indépendance avec l’accord du gouvernement britannique, mais une majorité de votants a choisi de rester au sein du Royaume-Uni. En Catalogne, en revanche, le gouvernement régional a tenu en 2017 un référendum jugé illégal par l’État espagnol, qui a ensuite suspendu l’autonomie catalane.

D’autres peuples, comme les Kurdes (présents en Turquie, Syrie, Irak et Iran), les Ouïghours et les Tibétains en Chine, ou encore les Palestiniens, revendiquent depuis longtemps un droit à l’autodétermination, mais leur accès à l’indépendance reste bloqué pour des raisons politiques, stratégiques ou démographiques. Dans chacun de ces cas, la communauté internationale adopte généralement une attitude prudente, voire ambiguë, par crainte de déstabiliser des États déjà fragiles, ou par intérêt géopolitique.

Il faut également souligner que le droit international ne fixe pas de critères précis pour déterminer dans quelles conditions un peuple peut accéder à l’indépendance. Une distinction est néanmoins souvent faite : dans les contextes de colonisation ou d’occupation étrangère, la revendication d’un État propre est généralement jugée légitime. En revanche, lorsqu’un peuple vit déjà au sein d’un État reconnu, démocratique et stable, le droit à l’autodétermination est généralement limité à une autonomie politique ou culturelle, sans aller jusqu’à l’indépendance.

Ce flou juridique entraîne une application inégale du droit à l’autodétermination. Certains peuples voient leur cause soutenue par des grandes puissances, tandis que d’autres sont ignorés. Le soutien international dépend souvent moins des principes de droit que des rapports de force et des intérêts stratégiques des États. Ainsi, l’indépendance du Soudan du Sud a été largement appuyée, tandis que celle des Kurdes est rejetée. De même, la reconnaissance partielle du Kosovo contraste avec le refus presque unanime de reconnaître l’annexion de la Crimée par la Russie ou l’indépendance unilatérale de Taïwan.

Au-delà du cadre juridique, ce dilemme révèle une tension plus profonde entre deux objectifs souvent opposés : la stabilité internationale, fondée sur le respect des frontières, et la justice pour les peuples qui se sentent exclus, dominés ou niés dans leur identité. Cette tension interroge directement le rôle de l’ONU : doit-elle prioriser l’ordre et la paix entre les États, ou défendre le droit des peuples à se gouverner eux-mêmes, même au prix de changements de frontières ?

Pour alimenter la réflexion, plusieurs questions peuvent être posées : faut-il redéfinir les critères du droit à l’autodétermination ? Jusqu’où un peuple a-t-il le droit de revendiquer son indépendance ? Comment éviter que ce droit ne soit instrumentalisé à des fins géopolitiques ? Et enfin, quelles solutions intermédiaires – comme l’autonomie régionale, le fédéralisme ou les protections culturelles – peuvent permettre de concilier unité étatique et diversité des peuples ?

II. Les armes nucléaires : une garantie pour assurer la paix ou une menace pour l’Humanité ?

1. Contexte

Soudain un éclair aveuglant me fit sursauter, puis un second […] Nous restâmes figés sur place, jusqu’au moment où la maison devant nous se mit à osciller et s’écroula presque à nos pieds. Aussitôt, notre propre maison se mit à vaciller et, quelques secondes plus tard, elle s’écroulait à son tour dans un nuage de poussière […]. Je vis défiler devant moi des ombres humaines, semblables à une procession de fantômes […]. Ces silhouettes m’intriguèrent jusqu’au moment où je compris qu’elles appartenaient à des gens atrocement brûlés… Des incendies jaillissaient de tous côtés, tandis qu’un vent d’ouragan attisait les flammes et les propageait d’un bâtiment à l’autre. Bientôt nous fûmes cernés par le feu […]. Les rues silencieuses n’étaient peuplées que de cadavres […]. Hiroshima n’était plus une ville, mais un désert de feu.[1]

C’était il y a 80 ans : le 6 août 1945, à 8h15, les États-Unis larguaient Little Boy, une bombe à l’uranium 235, au-dessus d’Hiroshima, tuant environ 140’000 personnes ; trois jours plus tard, ils larguaient Fat Man, une bombe au plutonium 239, au-dessus de Nagasaki, tuant plus de 74’000 personnes.[2] Ces événements marquent le début de l’ère atomique et le début d’une course aux armements qui atteint son apogée lors de la Guerre froide.[3] Durant cette période de fortes tensions entre les États-Unis et l’Union soviétique, s’impose la doctrine de la destruction mutuelle assurée, une stratégie de dissuasion nucléaire fondée sur l’équilibre de la terreur : l’emploi d’armes nucléaires par une puissance entraînerait une riposte de l’adversaire et conduirait à l’anéantissement des deux parties, ce qui dissuade chacun d’engager une attaque.

L’arme nucléaire occupe donc une place centrale dans les relations internationales. Symbole de puissance et outil de dissuasion, elle attire autant les États désireux d’affirmer leur prestige que ceux qui cherchent à se protéger dans un environnement incertain. La prolifération nucléaire traduit ainsi moins une volonté de semer le chaos qu’une stratégie de défense, d’affirmation sur la scène internationale ou, pour certains régimes isolés, de survie.[4]

Par crainte que l’augmentation du nombre d’États dotés de l’arme nucléaire accroisse les risques d’accidents, d’usage incontrôlé ou d’escalade vers une guerre mondiale, la communauté internationale a jugé nécessaire d’intervenir.[5] En 1968, est mis en place le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) : les pays possédant l’arme nucléaire s’engagent à partager les bénéfices de l’énergie nucléaire civile et à réduire leurs arsenaux, tandis que les autres pays acceptent de ne pas chercher à se doter de la bombe et de soumettre leur industrie nucléaire au contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Le TNP a été signé par 191 États ; seuls l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord (retirée en 2003) n’y ont pas adhéré. Par la suite, en 1996, 183 États signent le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN)[6] et, en 2017, l’Assemblée générale de l’ONU adopte le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN), ratifié par 50 États.

La question des armes nucléaires divise et suscite de multiples clivages émotionnels, stratégiques et géopolitiques :

Admirée, redoutée, fascinante, terrorisante, déshumanisante aussi et surtout, l’arme nucléaire a ainsi été génératrice de sentiments contradictoires. Gage de paix et de sécurité pour les uns, annonce de l’apocalypse pour les autres ; partisans de la dissuasion nucléaire ou avocat d’un désarmement nucléaire général et complet convaincus de l’urgence absolue d’un tel programme ; États dotés d’armes nucléaires ou pays qui par choix ou par impossibilité juridique, scientifique ou financière n’en sont pas pourvus […] tous restent persuadés du caractère absolu de l’arme nucléaire, et des atouts qu’elle confère à celui qui la possède.[7]

2. Problématique

En fin de compte, huitante ans après les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, les armes atomiques continuent d’incarner l’une des menaces les plus graves pour la paix et la sécurité internationales. Leur existence interroge le principe même inscrit dans la Charte des Nations Unies (1945), selon lequel « les Membres règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques »[8] et « s’abstiennent de recourir à la menace ou à l’emploi de la force ».[9] Malgré la mise en place de traités, les armes nucléaires demeurent au cœur des équilibres géopolitiques. Plusieurs États possèdent aujourd’hui officiellement l’arme nucléaire (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Inde, Pakistan, Corée du Nord) tandis que d’autres entretiennent une ambiguïté stratégique (Israël). Par ailleurs, certaines puissances régionales, comme l’Iran, sont soupçonnées de développer un programme nucléaire militaire.

L’actualité internationale rappelle avec force que la menace nucléaire reste bien présente et interroge l’avenir de ces armes. En Ukraine, l’invasion russe relance depuis 2022 le spectre de leur utilisation, alimenté par les déclarations répétées de Moscou. Au Moyen-Orient, l’ambiguïté autour de l’arsenal israélien et les tensions liées au programme iranien nourrissent un climat d’instabilité où le risque d’escalade demeure constant. En Asie du Sud, la rivalité indo-pakistanaise maintient, depuis les essais nucléaires de 1998, une menace latente d’affrontement atomique. De son côté, le régime nord-coréen agite régulièrement la menace nucléaire pour conforter son autorité. Enfin, les commémorations du 80e anniversaire d’Hiroshima et de Nagasaki rappellent l’ampleur des destructions passées et la responsabilité des États d’empêcher qu’un tel drame ne se reproduise.

Face à ces réalités, il devient urgent de réfléchir au rôle que les armes nucléaires doivent jouer dans l’avenir des relations internationales. En tant que représentant.e de votre État ou ONG auprès de l’Assemblée générale de l’ONU, vous devrez, honorables délégué.e.s, vous questionner sur l’approche à poursuivre dans le dossier de l’arme nucléaire. Faut-il la considérer comme « un mal nécessaire » pour la sécurité et la stabilité mondiales ou la délégitimer et l’interdire, à l’instar des armes chimiques et biologiques ? Comment concilier la logique de dissuasion nucléaire avec les principes de la Charte de l’ONU ? Les États dotés de l’arme nucléaire respectent-ils leurs obligations internationales en matière de désarmement ? L’existence d’arsenaux nucléaires est-elle compatible avec la sécurité humaine et la survie de la planète ? Quels mécanismes la communauté internationale peut-elle mettre en place pour prévenir la prolifération nucléaire et réduire les arsenaux existants ? Comment faire face aux tensions régionales actuelles (Ukraine, Moyen-Orient, Asie) sans alimenter une nouvelle course aux armements ? Le désarmement nucléaire est-il un objectif réaliste dans un monde multipolaire marqué par la méfiance, les conflits et la prolifération ?


[1] Michihiko Hachiya, Le Journal d’Hiroshima (6 août – 30 septembre 1945), 1955.

Michihiko Hachiya est un médecin japonais ayant survécu à la bombe à Hiroshima en 1945.

[2] AFP, « Hiroshima, 80 ans après la bombe atomique, appelle le monde à abandonner l’arme nucléaire », RTS, 06.08.2025 [en ligne], consulté le 20.08.2025.

[3] Charlotte Müller, « Il y a 75 ans, l’enfer nucléaire à Hiroshima et Nagasaki », Deutsche Welle, 06.08.2020 [en ligne], consulté le 20.08.2025.

[4] Pascal Boniface, Barthélémy Courmont, Le Monde nucléaire. Arme nucléaire et relations internationales depuis 1945, 2006, p. 219.

[5] Bruno Tertrais, L’arme nucléaire, Que sais-je ?, 2008, p. 82.

[6] Michel Fortmann, Le retour du risque nucléaire, 2019.

[7] Pascal Boniface, Barthélémy Courmont, Le Monde nucléaire. Arme nucléaire et relations internationales depuis 1945, 2006, p. 8-9.

[8] Charte des Nations Unies, 1945 (Article 2, al. 3).

[9] Charte des Nations Unies, 1945 (Article 2, al. 4).

Une fois que vous aurez été en mesure de cerner l’approche préconisée par l’État ou l’ONG que vous représentez, il s’agira de réfléchir aux modalités de sa mise en œuvre dans le cadre d’une enceinte comme l’Assemblée générale des Nations Unies.

Devrim Ay

&

Gilles Luisier

Coorganisateurs du FAP 25-26

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La 33e édition du FAP est ouverte!

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Cette édition portera sur deux thèmes majeurs :

I. Quid de la circulation des individus à l’ère de la libre circulation des marchandises ?

La migration des populations est un phénomène aussi vieux que l’humanité, pourtant, à l’heure de la mondialisation, le droit de circulation est de plus en plus restreint. Cette section abordera la contradiction entre le droit fondamental de l’homme à la libre circulation et la souveraineté nationale des États qui, sous couvert de droit international, restreignent ce droit. Nous examinerons également les répercussions de cette situation sur les droits des migrants, les rhétoriques discriminatoires et les pratiques d’exploitation de la migration par différents acteurs.

II. Agriculture et alimentation : au confluent des enjeux géopolitiques mondiaux

Dans cette partie, nous explorerons comment l’agriculture et l’alimentation sont devenues des enjeux stratégiques dans le contexte géopolitique mondial, notamment à travers les conflits récents et les transformations de la production alimentaire. Des pratiques agricoles du Nord au Sud, en passant par la question de la faim et des révoltes paysannes, nous analyserons comment les décisions politiques façonnent la sécurité alimentaire et les rapports de force mondiaux.

Pour plus d’informations, les détails spécifiques à cette édition sont disponibles dans le flyer distribué dans toutes les classes de 3e, 4e et 5e. Les classes qui n’ont pas encore eu de présentation de l’événement devraient les recevoir dans les prochains jours.

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La 32e édition du FAP est ouverte!

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Cette édition porte sur les thèmes de la dette et et de la sécurité internet.

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La 31e édition du FAP est ouverte !

Les inscriptions pour cette édition sont ouvertes, vous avez jusqu’au 3 octobre à 23h59 pour vous inscrire.

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Cette édition porte sur les récits nationaux et leur affrontement dans les rapports géopolitiques.

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Les inscriptions se terminent le mercredi  10 septembre à 23h59 ! Les inscriptions sont réparées! Celles effectuées avant dimanche 29 août à 21h doivent être effectuées a nouveau. Désolé du dérangement. Pour toute question ou remarque, veuillez contacter l’adresse suivante : association.du.fap@gmail.com.

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Nous vous souhaitons un excellent début d’année.

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